Il y a 150 ans, La Commune

Le 6 avril 1871, Courbet appelle les artistes à créer « un gouvernement du monde des arts par les artistes » : 400 y répondent. La Fédération des artistes de Paris naît le 13 avril et élit le 17 un comité de 47 membres (peintres, sculpteurs, graveurs en médaille, architectes, graveurs et lithographes, artistes industriels). Corot, Daumier, Flameng, Manet y figurent. Certains, élus sans être candidats, refusent le poste, tels Millet et Bracquemond. L’objectif est de repenser l’enseignement, l’administration des musées, le Salon annuel, les commandes publiques.

Affiche sur les missions données à la future Fédération des artistes de Paris, 1871 – Musée Carnavalet 

Dignité, justice sociale, partage du travail, égalité, rapport renouvelé à l’art, à l’éducation, à la culture et au quotidien… C’est tout cela, la Commune de Paris, une expérience révolutionnaire à bien des égards inouïe : pour la première fois, des ouvriers, des ouvrières, des artisans, des employés, des instituteurs et institutrices, des écrivains et des artistes s’emparent du pouvoir. Comme l’écrit Rimbaud qu’elle enthousiasme tant, la Commune entend vraiment  » changer la vie  » par des  » inventions d’inconnu « . Ses protagonistes sont des femmes et des hommes ordinaires qui créent de l’extraordinaire, non seulement en l’imaginant mais en le mettant en pratique.
C’est de leur expérience si actuelle que part ce livre, sous une forme originale : il est composé de lettres adressées à ces femmes et ces hommes comme s’ils et elles étaient encore en vie et comme si on pouvait leur parler. Ces lettres rendent la Commune vivante et présente, par un entrelacement des temps. L’ouvrage s’appuie sur un vaste travail d’archives et de nombreux documents, le plus souvent inédits : correspondances, débats, projets, procès… Il offre aussi au regard plus de cent photographies qui s’égrènent tout au long de ses pages, images d’époque et images d’aujourd’hui, comme un télescopage entre passé et présent.
L’événement reste de par le monde une source d’inspiration, car il permet de réfléchir à l’émancipation, aux solidarités et aux communs. Il nous concerne toutes et tous, de manière plus brûlante que jamais, et demeure évocateur par les espoirs et les projets qu’il porte. Tant il est vrai que  » la Commune n’est pas morte « .

et un bel entretien avec l’autrice

Un récapitulatif historique sur la Commune de Paris.

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