Discours désorganisé du 1er mai

– Depuis l’aube des temps, on nous le répète :

– il faut rester sage et soumis,

– ne pas faire de vagues qui viennent mourir sans cesse sur le sable de la plage jamais abandonnée,

– parce que c’est beau quand même la mer…

– Ça sert à quoi tout ça ? De la boire ?

– Mais il y a toujours un goéland qui t’amène vers l’horizon, inutile, parce que si lointain et si proche, d’un cycle sans fin, qui ne possède que sa propre énergie, inutile et poétique

– Si pathétique

– Et poétique, dans ce beau monde que nous occupons-nous de nous,

– et aussi du monde si malade de tout, d’inutile et de futile qu’il faut supprimer tout ce que vous voulez

– ça sert à rien, on sera toujours là et nulle part ailleurs

– Même si les toilettes sont ouvertes, nous voilà enfermés, par une idée toute relative :

– NOUS IRONS ENSEMBLE DANS LA SALLE DE BAIN !

– Et pourtant j’avais tiré la chasse d’eau fraîche et d’amour mais on sait bien que de la longueur du rouleau dépend la ligne éditoriale du grand passe-passe sanitaire. Quand les sains sont à terre, les fous sont à la tête et au pied de la lettre-papier. Chacun saura avec ça avoir son rôle.

– Que c’est drôle : sur cette sani-terre de l’état d’urgence climatique de guerre mondiale antiterroriste. Lutte contre les sanitaires qui veulent plus se taire et pouvoir crier de tout son corps et de tout son cœur qui bat en nous, et qui vous battra à plein poumon. Et alors, vous la sentirez cette douce et enivrante idée que toute histoire de lutte nous ramène à notre propre existence : exister pour s’installer dans une histoire improbable. Combat pour une nécessaire lutte des classes fermées, pour nous empêcher de lutter. Mais comme ça, on va continuer, encore et en corps, à lutter pour faire corps à l’unisson singulier, comme l’est chaque personne avant qu’elle soit aplatie par un système sans âme.

– Le violon redeviendra une prison à quatre barreaux dont je sors de l’ombre, rayuré, raturé nos insultes :

– SALE FILS DE LUTTE

– Parce qu’à un moment donné…

– Aujourd’hui, je ne sais plus quand arrivera demain, qui doit être meilleur,

– C’est notre rêve, notre trève, pour ne pas que nos enfants crèvent, je veux goûter la sève, faire en sorte que le monde puisse devenir plus beau, presque sublime, quand on y pense. L’horizon aveugle et la lumière dessine de nouveaux contours : le ciel sera-t-il plus bleu parce que ça ne date pas d’hier que « Demain c’est loin ». De toute part, d’un devenir que nous pensons désirable. J’ai envie

– de réel,

– de beau temps,

– de promesses

– de rendez-vous

– comme jamais, mais bien moins que toujours

– garder l’espoir d’un meilleur lendemain, même s’il est très lointain, exquis et fatal tel le ciel.

Cadavre exquis « OccuponsChalon71 »

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